L’idéal, l’objectif

Nous avons tous un idéal, un objectif que nous désirons atteindre. En utilisant le mot «bonheur», on définit relativement bien cet idéal, bien qu’avant le bonheur il y a la survie et après le bonheur, l’extase, l’Unité, l’Éveil. Mais ça donne une bonne idée, tout le monde veut vivre dans le bonheur et le faire grandir, toujours plus.

L’objectif pour atteindre le bonheur est différent pour chacun et évolue en fonction de notre situation. Une fois un objectif atteint et stabilisé, on en fixe un autre. Donc notre idéal va évoluer au fur et à mesure de notre évolution personnelle. C’est relativement aisé à démontrer. Si vous êtes dans un endroit où la famine sévit, votre objectif sera de trouver à manger. Même si on ne parle pas de bonheur ici, mais pour atteindre un idéal de bonheur, il faut commencer par assurer sa survie. Si, la nourriture n’est plus un problème, l’objectif va changer pour par exemple avoir un toit. Puis plus de confort, l’eau courante, etc… Jusqu’à finalement déboucher sur la recherche intérieure, spirituelle, car le bonheur dans le matériel, à l’extérieur n’existe pas, c’est tout au plus des plaisirs éphémères. Et plaisirs et bonheur ne sont pas la même chose.

Cette suite d’objectifs vers le mieux-être, le bonheur continue d’évoluer jusqu’à ce que l’objectif soit la réalisation de Soi, l’illumination, l’Unification.

Avoir un idéal est indispensable pour avancer. Le désir d’obtenir cet idéal est le carburant qui nous permet d’être actifs afin de parvenir à ce mieux-être recherché. C’est ce qui nous donne l’envie et la motivation nécessaire pour mettre en œuvre les moyens d’obtenir cet idéal. Se bouger physiquement et intellectuellement pour la survie et le bien-être matériel, puis la pratique régulière pour le spirituel et la recherche intérieure.

Nous sautons d’un idéal à un autre, d’une bulle à une autre, jusqu’à atteindre notre destination.

Il est probable que si vous lisez ces lignes, votre objectif est plutôt tourné vers la découverte intérieure, la spiritualité.

Il faut donc bien se rendre compte que les objectifs changent au cours de notre parcours. Nous pensons souvent ainsi: «Dès que j’aurai ça, je serai heureux» (pour le matériel), «dès que j’aurai atteint cela, ça sera le bonheur» (pour la découverte intérieure).

Nous constatons que ces objectifs sont illusoires puisqu’ils changent au fur et à mesure de notre évolution. Ce sont juste des jalons pour nous faire avancer en fonction de notre compréhension actuelle du monde, de la vie. Ce qui revient à dire que nous ne savons pas ce qui est bon pour nous en finalité, nous ne connaissons que la bulle suivante, l’objectif suivant.

Dans les stades de survie, on amasse. On prend tout ce qu’on peut pour faire des réserves, on veut assurer l’avenir et on essaie de garder toutes les bulles, de les emporter avec soi. C’est un besoin pour se rassurer de la peur du manque. C’est un état encore vécu par beaucoup dans notre société. Ceci bien évidemment engendre beaucoup de conflits, mais c’est un stade à passer. Lorsque l’on commence à sortir de cet état de survie, d’en vouloir toujours plus, il est possible de ressentir de la culpabilité. Ceci est inutile, c’était une période à vivre pour comprendre. La culpabilité ne sera d’aucune aide pour en sortir, c’est la compréhension, à travers un objectif supérieur et l’expérience qui nous fera avancer.

Lorsque la recherche intérieure commence, on se rend compte petit à petit que pour atteindre la bulle suivante, il faut lâcher celle dans laquelle nous sommes et plus encore celles que nous trimballons depuis si longtemps. C’est comme si nous sautions d’une bulle à l’autre. C’est très difficile au départ, parce que nous avons encore nos vieux réflexes, on peut avoir l’impression de perdre la récompense de tous nos efforts, «j’ai tant travaillé pour avoir ça».

Alors ça prend parfois du temps, puis un jour on est prêt, on saute dans la bulle suivante et on se rend compte que c’est plus léger, qu’on est bien mieux. On comprend que toutes les bulles qu’on veut emporter se sont transformées en boulets, des poids devenus inutiles qui nous empêchent de sauter dans la suivante. Que nos efforts passés ne sont pas perdus, que ce n’était pas accumuler comme on le pensait, mais que c’était nécessaire pour amener cette compréhension par l’expérience. Ils étaient donc importants à un moment pour amener cette compréhension, il n’y a rien à rejeter ou regretter, c’était exactement ce qu’il nous fallait à ce moment. C’est notre interprétation qui a maintenant changé, évolué. Nous pouvons alors regarder les bulles derrières et se dire, j’ai compris et dépassé ça. Je peux lâcher et laisser cette bulle avec plaisir pour le suivant. On se rend compte qu’on ne manque de rien, on est juste plus léger, plus libre. On peut contempler notre parcours avec une vision de plus en plus vaste et se réjouir de la vie, du chemin parcouru et de nos nouvelles compréhensions.

Plus on avance, plus on voit que l’attachement à ces bulles et tout ce qu’elles contiennent est une entrave. Ces entraves, ces chaînes qui nous retiennent, c’est nous-même qui les avons créées avec notre ancien mode de perception de la vie. C’est à nous de les lâcher, petit à petit, chacun à son rythme selon sa compréhension, ses expériences. Il n’y a pas d’effort important à faire, c’est juste une compréhension qui arrive naturellement avec les découvertes intérieures et qui nous permet de lâcher les peurs qui nous retiennent.

C’est donc important de trouver son propre rythme, de ne pas vouloir brûler les étapes. Écouter un «sage» qui vous dit: «lâche tout, détache-toi de tout et tu t’éveilleras, tu vivras le bonheur parfait», même si finalement c’est peut-être correct, si on n’est pas prêt, si ce n’est pas intégré en nous, on peut très mal le vivre. C’est surtout ma adapté à la société occidentale ou nous croulons sous les obligations. Cela peut créer une telle peur, qu’il est facile de retomber dans la survie ou d’être confronté à des difficultés difficiles à surmonter.

Une approche basée sur la recherche intérieure, à son propre rythme, va nous permettre d’intégrer ces compréhensions progressivement, sans passer par ces extrêmes.

L’une et l’autre méthode apporteront les expériences qui nous feront avancer et finalement intégrer le Soi complètement, mais la recherche intérieure est sans doute plus douce. C’est simplement de favoriser une compréhension plus rapide, sans forcer, par une démarche volontaire basée sur la recherche du bonheur et la pratique de la recherche intérieure, plutôt que de provoquer et subir les événements extérieurs pour arriver à la compréhension. Écouter et intégrer son propre fonctionnement. Écouter sa propre guidance intérieure, car la solution est en nous, il nous suffit de la voir, de la libérer en levant nos blocages.

Petit à petit, un changement s’opère progressivement, on passe de prendre, fonctionnement de la survie, vers offrir, fonctionnement du Soi. Le Soi est un retour vers l’unité, vers l’absence de séparation entre nous et les autres, entre intérieur et extérieur. Le plaisir des autres devient alors votre plaisir, car tout est unité. Cela peut sembler paradoxal d’un premier regard, car la recherche intérieure qui peut paraître égoïste nous ouvre de plus en plus à l’extérieur, aux autres.

La seule chose qui nous sépare de cela, ce sont nos propres blocages.

Alors, comment faire avec tout ceci.

On peut commencer par définir clairement notre idéal actuel.

Quel est votre plus grand idéal actuellement?

Prenez le temps de le définir clairement, y réfléchir profondément, méditer dessus.

Quel était votre idéal précédent? Est-ce que l’actuel est le même, mais sur un autre objet ou est-il différent? Si c’est le même et que cette situation se répète depuis un certain temps, est-ce bien votre idéal le plus élevé? Êtes-vous bien certain que ce sera le bonheur ou juste une satisfaction éphémère, un plaisir?

S’agit-il d’une envie «sur un coup de tête», mentale, ou quelque chose de plus profond, qui vient du cœur.

Une fois clairement définit votre idéal actuel, il est plus aisé de voir ce qui peut être fait pour l’obtenir. S’il est correctement formulé, le désir de l’obtenir sera suffisamment puissant pour vous permettre de l’atteindre par la pratique.

Ensuite, c’est de coller le plus possible à cet idéal dans la vie de tous les jours.

Il y a donc une partie de recherche, compréhensions guidance et suppression des blocages par la méditation, le yoga, le tai-chi, qi gong, exercices énergétiques, promenade dans la nature, peu importe vos pratiques et une partie intégration dans l’expérience de la vie tous les jours.

C’est certainement une voie rapide pour atteindre notre idéal. Nous le comprenons par la méditation, nous levons les blocages par le travail énergétique et nous l’intégrons en le manifestant le plus possible dans la vie de tous les jours. Alors, petit à petit, nous le devenons.

Nous avons vu plus haut que nous ne savions pas ce qui, finalement, est bon pour nous, alors on peut se poser la question:

D’où viennent ces objectifs, ces idéaux qui changent au fur et à mesure que nous avançons vers toujours plus de bonheur?

Ne serait-ce pas notre Soi, l’idéal ultime, la destination finale qui depuis le début nous parle et nous guide à travers des objectifs éphémères que nous comprenons mal vers l’Unité?

Est-ce que la difficulté de communication ne viendrait pas de nous, du petit soi, de la personnalité et de l’égo qui crée ce voile et déforme les messages par ignorance, par refus de l’inconnu?

Ne serions-nous pas en contact constant avec le Soi, plus nous avançons plus le contact deviendrait aisé? Et plus le contact est aisé, plus nous laissons le Soi émerger en nous jusqu’à finalement le devenir une fois les dernières barrières de l’égo levées, toujours plus de lumière, de joie, de bonheur?

Ne serait-ce pas toute la magie de la vie?

A chacun de découvrir sa réponse par la pratique, par la recherche intérieure. Il ne s’agit donc pas de croire, mais d’expérimenter et trouver ses propres réponses. Car la solution est en nous.