La voie des épreuves, la voie de la joie

Il y a deux façons d’avancer dans son cheminement intérieur. La première à travers les difficultés et les épreuves de la vie, ce qui est le cas de la majorité des gens. La deuxième dans toujours plus de joie à travers la découverte de plus en plus profonde de notre véritable nature.

A-t-on le choix de l’une ou l’autre? Et si nous avons le choix, comment peut-on se retrouver dans les difficultés et la tourmente, le mal-être intérieur alors que la joie est possible ? Comment faire pour passer d’une voie à l’autre ?

Pour répondre directement à la première question, oui nous avons le choix. Mais cette réponse est à nuancer, car au début ce choix n’est pas conscient. Et, tant que nous ne sommes pas conscients, nous évoluons, bien souvent malgré nous, à travers ce que nous considérons comme des épreuves, des injustices, de la malchance, etc. Bref, une voie qui semble difficile et semée d’embûches où il faut se battre.

La raison pour laquelle nous vivons ces souffrances est l’ignorance ou l’inconscience de notre véritable nature.

Pour se tourner vers la voie de la joie, il suffit donc de devenir conscient de notre véritable nature, ce que j’appelle notre Soi, et d’approfondir de plus en plus cette découverte. L’approfondissement de la découverte intérieure amène petit à petit à un lâcher-prise de l’égo qui permet à la conscience que nous sommes, au-delà de l’égo, d’émerger de plus en plus en nous. C’est finalement l’égo qui laisse sa place à quelque chose d’infiniment plus grand et connaissant que lui. Quelque chose qui ne vit pas dans les théories, projections, mais qui Est vivant, qui est la Vie.

C’est facile à dire, moins à vivre. Essayons de voir pourquoi, de comprendre le fonctionnement et la source du blocage.

Le principal problème vient de l’identification de la conscience que nous sommes au corps et au mental. De cette identification, l’égo, la personnalité nait. À partir de cela tout est perçu et interprété depuis ce point de vue et l’on a oublié notre véritable nature sous-jacente à ce processus d’identification. Toutes les difficultés viennent de cela, individuellement et collectivement.

De ce point de vue nous vivons dans une création de la conscience, sans en être conscients. L’état de conscience ordinaire est en fait une quasi-inconscience. Nous ne sommes conscients “que” d’une toute petite partie, l’égo, et tout est interprété à travers lui et donc à travers ses déformations venant de conditionnements. Pour donner une image toute relative, c’est comme jouer à un jeu vidéo et se prendre pour le personnage en oubliant que nous sommes le joueur. Dans le jeu, le héros peut souffrir, mais pas celui qui joue.

Toute la souffrance vient de cet oubli, car dans cet oubli, nous croyant séparés de tout le reste, nous devons survivre, il y nous et tous les autres, nous nous inventons toutes sortes de problèmes. En tentant de résoudre un problème, nous en créons un autre, les situations difficiles se suivent et cela semble sans fin. Tout cela à un niveau individuel et collectif. Nous vivons dans le monde que nous construisons à travers nos peurs, nos conditionnements que nous créons comme cela de par notre ignorance relative à notre niveau de conscience.

Cependant, cette souffrance nous pousse à chercher des solutions et finalement finit par nous ouvrir à notre véritable nature. Souvent cette ouverture se fait après de grandes souffrances ou l’égo, ne trouvant plus de solution, cède et l’expérience d’une autre réalité surgit à ce moment. Combien de “sages” ont eu une illumination après une grande dépression? Beaucoup. Cette souffrance n’est donc pas indispensable, mais elle est nécessaire tant que nous ne changeons pas notre façon d’interpréter la vie à travers l’égo de manière volontaire.

La souffrance est une réaction de l’égo face à la Vie qui nous montre ce qui ne va pas, mais que nous refusons de voir. Plus nous sommes entêtés plus nous souffrons longtemps, car le temps, pour la Vie, n’a aucune importance et elle nous laisse libres de choisir et de faire nos expériences qui nous font grandir, mais dans la souffrance.

Mais de toute façon, ce changement intervient, à un moment pour chacun, soit en conscience, en effectuant des pratiques permettant une découverte en douceur de notre véritable nature, soit au bout de la souffrance quand l’égo s’épuise. Le choix est donc bien présent, encore faut-il le percevoir et faire ce que nous pouvons pour sortir de cette voie de souffrance.

Pour emprunter la voie de la joie, il faut donc retrouver notre véritable nature. Il existe des outils et pratiques qui permettent de favoriser ce changement et cette découverte. Chacun est responsable de son chemin, de son état intérieur, de pratiquer ou pas, de se libérer ou de continuer à souffrir encore un temps.

De toute façon, chacun évolue et la voie de la souffrance n’est pas un retour en arrière. Il n’y en a pas, tout est évolution. C’est une étape qui nous force à chercher un mieux-être jusqu’à enfin parvenir à un un changement de voie vers la joie de la découverte de ce que nous sommes au-delà de l’égo dans l’Amour de la Vie.

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