En promenade

Lors d’une promenade, je me suis arrêté pour regarder le paysage. Il y avait devant moi un champ d’herbe mi-haute et de fleurs, plus loin quelques maisons avec la montagne en arrière-plan puis le ciel bleu parsemé de quelques nuages blancs.

Soudainement, c’est comme si je ne voyais plus avec mes yeux, mais avec tout mon être. Tout était parfait. Il n’y avait rien à ajouter, enlever ou modifier, c’était la perfection pure. J’avais également la conviction que tout était vivant, je voyais la vie dans chaque brin d’herbe et était connecté avec chaque chose. Les couleurs étaient bien plus belles, il y avait plus de contraste, c’était vraiment une autre vision, bien plus profonde et vraie que d’ordinaire.

Il y avait également autre chose d’inhabituel, je faisais partie du paysage, je n’étais plus séparé de lui. Je n’étais plus comme on est habituellement « Je regarde un paysage », il n’y avait plus de « je » séparé du paysage. J’étais directement relié à tout ce que je voyais, de chaque brin d’herbe à l’immensité du ciel, un peu comme dans la première expérience décrite, mais limité à mon champ de vision. Cependant, il m’était possible de « zoomer » ou plutôt de focaliser ma conscience sur un détail et alors d’en voir toute la beauté dans ses moindres détails, la distance était supprimée et il y avait une liaison directe et profonde avec tout ce qui était vu.